En fouillant un disque dur, je suis tombé sur un entretien accordé il y a quelques mois au site Plume interdite, tenu par Théo Kosma. Je venais tout juste d’achever la rédaction de mon prochain roman, ce retour attendu à la fiction. L’entretien parle de tout cela : de l’étincelle, du silence, de la nécessité d’écrire. Aujourd’hui, je le redécouvre comme un texte qui ne m’appartient plus tout à fait.
Il y a quelque chose d’étrange à relire ses propres mots après coup. On ne se souvient pas de les avoir formulés. Ou plutôt on se souvient de la situation, de ce moment précis où le roman venait d’être achevé, cette sensation d’après qui ressemble tient du léger vertige. Et voilà que ces mots reviennent, intacts, portant encore la chaleur de l’instant où ils ont été formulés.
Théo Kosma m’avait posé des questions simples, essentielles, les seules qui comptent : pourquoi écrire ? D’où vient l’étincelle d’une histoire ? Comment affronter un roman et le mener à bout ? Qu’est-ce que la contrainte, qu’est-ce que le plaisir ? Et la question la plus difficile, celle à laquelle on revient toujours : écrit-on pour exorciser ou pour se dépasser ?
Je publie cet entretien en trois parties dans le Carnet, section Atelier. Non pas pour constituer une archive de plus, mais parce qu’il me semble qu’il laisse affleurer, en creux, les questions qui m’ont accompagné durant ces quinze années loin de la fiction, et, surtout, ce que représente pour moi ce roman à ce moment précis de ma vie.
La première partie : Devenir écrivain malgré soi — I
La suite dans les semaines qui viennent.
[Cet entretien a d’abord été publié sur le site Plume interdite en août et septembre 2025. Illustration par IA]